dossier viva
> insertion professionnelle

La Ville intervient dans le champ de l’insertion professionnelle depuis 1997. Au fil des années, les missions se sont étoffées, les partenariats développés, pour tenter de faire face à une situation socio-économique qui se détériore.

Dossier insertion professionnelle à Villeurbanne

La Ville a créé le Plan d’action villeurbannais pour l’insertion par l’économique (Pavie) en 1997. Une association pour accompagner vers l’emploi les femmes et les hommes exclus du travail, en chômage de longue durée, cumulant parfois les difficultés. Une mission réalisée en partenariat avec les acteurs concernés (ANPE et aujourd’hui Pôle emploi, Mission locale, associations, centres sociaux, entreprises d’insertion...).
Dix ans plus tard, passage à la vitesse supérieure, avec la création en 2007 d’une direction municipale de l’Insertion et de l’emploi. «Ce qui voulait dire davantage de moyens, de lisibilité et de légitimité, indique Nicolas Dupont, chargé de mission au sein de ce service. Et traduisait une volonté politique renforcée de s’engager sur ce terrain, bien qu’il ne soit pas une compétence stricte des villes.»
Accompagnement aux personnes, appui et financements aux structures associatives, coordination d’un réseau de partenaires, animation, aide au recrutement pour les entreprises, mise en place de dispositifs comme les contrats aidés… Les missions de la direction Insertion sont variées et concrètes. Jeunes sans qualification, seniors de plus de 50 ans ne retrouvant pas de poste, nouveaux arrivants ne maîtrisant pas le français, femmes seules avec enfants… « Notre objectif est de (re)mettre sur le chemin du travail ou de la formation des gens qui s’en sont éloignés, sans tomber dans la facilité de les ranger dans une seule case, tant les profils diffèrent les uns des autres », ajoute Nicolas Dupont. Un avis partagé par tous les professionnels de l’insertion, comme Dominique Martin, directrice de l’association ADL (Association pour le développement local) : «Les gens que nous rencontrons sont tombés peu à peu dans la précarité, à force de contrats courts et de temps très partiels à répétition, ils rencontrent parfois des difficultés familiales. C’est une population de plus en plus isolée, qui a perdu l’estime de soi et peut souffrir de troubles psychiques. Dans l’insertion, on ne gère pas du quantitatif, il ne faut jamais oublier que les gens sont des sujets et pas des objets ».
Les conseillers en insertion de ADL, comme ceux des permanences Emploi-formation des centres sociaux, considèrent les personnes accueillies dans leur globalité, prennent en compte les problématiques sociales, de santé, de logement, de précarité financière, qui peuvent être autant de freins à l’emploi. La Ville s’associe entièrement à ce travail de proximité dans les quartiers et finance ces partenaires à hauteur de 110 000 euros annuels (qui s’ajoutent aux 220 000 euros par an versés à la Mission locale pour l’orientation et l’insertion des jeunes de moins de 26 ans). « Cette prise en compte ne veut pas du tout dire que nous manquons de réalisme, bien au contraire, nous avons simplement conscience qu’il faut avancer pas à pas et résoudre les difficultés les unes après les autres, » témoigne Sylvie Genin, conseillère en Insertion professionnelle à la permanence Emploi-formation du centre social de Cusset. « Notre rôle est de concilier une logique de compétitivité, celle des entreprises, et une logique de solidarité vis-à-vis des personnes en difficulté face au marché de l'emploi. C’est cela la définition de l’insertion », explique Brigitte Sebert, directrice du service Insertion de la Ville.
Une position qui montre bien que l’entreprise ne peut pas être absente du paysage. Et l’une des missions du service Insertion est de renforcer les liens avec les entreprises villeurbannaises. « Depuis plusieurs années par exemple, nous accompagnons les sociétés qui s’installent dans leur recrutement, ce qui veut dire que nous sommes à l’écoute et très au fait des besoins des chefs d’entreprises,  indique Nicolas Dupont. L’an dernier, il y a eu 145 embauches dont 80 en contrats aidés… Parmi les dernières implantations, citons celles de Bricorama, Intersport ou KFC qui ont embauché du personnel en insertion, par l’intermédiaire de nos services. »
La récente ouverture du Passage 33 complète le dispositif existant. Conçu comme une « vitrine de l’insertion », ce nouveau lieu ressources permet de se repérer dans des circuits parfois complexes pour que personne ne soit laissé au bord de la route. 

A lire aussi dans le dossier "Insertion professionnelle"

> Insertion professionnelle, un parcours construit pas à pas
> Interview d'Olivier Baud, conseiller municipal délégué à l'insertion par l'économique et à l'économie sociale et solidaire
> Les permanences emploi formation, parcours vers l'autonomie 
> Zoom sur le passage 33, vitrine de l'insertion à Villeurbanne
Contrat aidé, un tremplin vers l'emploi 
> Parole à Serge Bouvier, gérant de la société Daffos et Baudassé