L'histoire de villeurbanne
> De lUsine au Bureau, lentreprise au cur de la Ville
Façonnée par lindustrie, Villeurbanne a su affronter la désindustrialisation pour en sortir changée, tertiaire mais toujours entreprenante.

Les chaussures Bally, les textiles Bayard, lusine hydro-électrique de Cusset Autant de rappels du riche passé industriel de Villeurbanne. Les entreprises y élisent domicile à la fin du XIXe siècle, séduites par le prix des terrains et les eaux de la Rize, plus propres que celles du Rhône ou de la Saône. Un argument de poids pour les tanneurs comme Gillet, qui sinstalle en 1889. Le textile, la métallurgie, la mécanique mais aussi limprimerie deviennent des spécialités locales. Et Villeurbanne sagrandit au fil de larrivée douvriers venus dItalie, dEspagne, de Russie, dAlgérie. La machine est lancée et avec elle, lidentité de Villeurbanne se construit. Ouvrière, solidaire et innovante. La commune saffirme à côté de la rivale lyonnaise : les Gratte-ciel en seront la preuve, cité modèle, mélange daudace architecturale et dinnovation sociale.
Le tournant décisif
« A partir des années 1964-65, un certain nombre dindustries seffondrent : les fabricants de gros électroménager quittent peu à peu Villeurbanne, le textile rencontre de plus en plus de difficultés, raconte Martine Née, directrice du service du Développement économique de la Ville. Le nombre demplois industriels ne cessera plus de chuter pendant plusieurs décennies ». Lusine Gillet ferme en 1966, lusine Gamma (encollage de fils) en 1971, les chaussures Bally sarrêtent en 1998. Certains métiers sadaptent : les textiles techniques saffirment en trouvant des débouchés dans le secteur médical ou celui du bâtiment. Du côté de lindustrie mécanique, « Villeurbanne reste spécialisée dans la fabrication de machines à usage unique pour les activités de production ». La Ville abrite encore le siège de Martin SA, spécialisée dans la conception et la production de machines à fabriquer le carton ondulé ou celui de Messier-Bugatti (groupe Safran), fabricant de freins carbone pour les avions Airbus. De activités nouvelles se développent en lien avec le vivier des écoles dingénieurs de la Doua. On citera par exemple la fabrication dinstruments de mesure pour lindustrie chimique ou métallurgique. Et surtout, le secteur des services à lentreprise prend la place de la production. Alors quen 1997 lindustrie représentait encore 25% de lemploi salarié privé, sa part est passée à 15% en 2008. Dans le même temps, les services aux entreprises sont passés de 31% à 42%.
Une nouvelle ère
Villeurbanne sest tertiarisée. Les emplois se sont transformés mais continuent à se renouveler : près de 5000 ont été créés entre 2003 et 2008. Et, toujours, la ville porte la volonté de se réinventer sans renier ses racines. Le pôle de compétence Pixel et le pôle de compétitivité Imaginove, centrés sur la technologie de limage en mouvement, sont installés sur lancienne friche industrielle des Grands Moulins de Strasbourg. Au final, Villeurbanne a réussi sa mutation postindustrielle, conservant une base productive tout en développant commerces et services.
A lire : Usines, de lhistorien et chercheur du CNRS Philippe Videlier. Aux Edition Broché.
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