Manon Kaltenmark

Sa grande entreprise

le 08/12/2011

« Et pourquoi pas un 8 000 ? » s’est demandé Manon Kaltenmark fin 2010, après avoir réussi l’ascension de l’Aconcagua en Argentine. Objectif : le Manaslu et ses 8163 mètres, dans la chaîne de l’Himalaya. Le Manaslu, « la montagne de l’esprit », 8 163 mètres au Népal, dans la chaîne de l’Himalaya.

Manon Kaltenmark

C’est sur ce sommet-là, le huitième plus haut du monde, que Manon Kaltenmark a jeté son dévolu, son premier "8 000"… Le 10 septembre dernier, cette quinquagénaire villeurbannaise à la forme olympique s’est lancée dans l’expédition, au départ de Katmandou. Six alpinistes amateurs, trois sherpas, une agence sur place pour la logistique, six semaines en tout, à partir de Katmandou, vingt jours d’expédition avec ascension jusqu’au camp 3, 6 900 mètres dans la neige, là où s’est arrêtée l’aventure. « Je n’ai pas pu aller jusqu’au bout, même si je m’en sentais capable. L’un d’entre nous ne se sentait pas bien et de toute façon, le vent était trop violent pour continuer ». Cette grande blonde souriante, raconte son périple avec simplicité, comme si franchir des échelles au-dessus de crevasses vertigineuses, respirer avec peine par manque d’oxygène ou subir des conditions climatiques extrêmes étaient à la portée de tous. « Très peu d’alpinistes amateurs ­parviennent au sommet et encore moins de femmes, mais c’était mon objectif et je suis quand même un peu frustrée de ne pas être allée au bout. J’y retournerai, j’étais en bonne condition et bien préparée… » Côté préparation ­justement : beaucoup de vélo, le trajet quotidien Villeurbanne-Ecully où Manon est cadre infirmier dans une clinique ; une préparation mentale pour vaincre la peur et « gérer le stress » ; et des années de randonnée, ­notamment avec l’Asvel montagne. « C’est mon mari qui m’a fait ­découvrir la montagne, j’avais 22 ans. Depuis, la passion ne m’a pas quittée. J’ai enchaîné les courses dans les Alpes, en Bolivie, en Argentine, quatre fois au Népal mais plus de 8 000 mètres, c’était la première fois que je m’y attaquais… » Le goût du défi guide ses pas mais pas seulement. « Partir de cette ­façon c’est prendre le temps de vivre pleinement le moment présent, rompre avec le rythme de l’année, découvrir un monde tellement loin du nôtre… Tant que ma condition physique me le permettra je continuerai. » En ligne de mire de ses rêves : l’ascension des "seven ­summits", les montagnes les plus élevées de chaque continent. « Je sais que certains sont à ma portée, comme le Kilimandjaro en Tanzanie ou l’Elbrouz dans le Caucase. » Question de forme, de temps et de finances aussi. Des projets onéreux que Manon, décidément autonome, finance de A à Z, matériel, voyage, organisation… « Mais si quelqu’un veut me sponsoriser je suis ­preneuse ! » 

> Bio express

  • 1959 : naissance à Orsay
  • 1984 : tour du Mont-Blanc, ­enceinte de quatre mois
  • 1988 : installation à Villeurbanne
  • 2010 : sommet de l’Aconcagua (6 952 mètres).

 

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Vos réactions

MOUTON Jean Claude dit :

Envoyé le : 08-12-2011 23:11

C'est top , même si vous n'êtes pas allé au sommet
Je suivrai la suite de vos aventures .