Manon Kaltenmark
Sa grande entreprise
« Et pourquoi pas un 8 000 ? » sest demandé Manon Kaltenmark fin 2010, après avoir réussi lascension de lAconcagua en Argentine. Objectif : le Manaslu et ses 8163 mètres, dans la chaîne de lHimalaya. Le Manaslu, « la montagne de lesprit », 8 163 mètres au Népal, dans la chaîne de lHimalaya.

Cest sur ce sommet-là, le huitième plus haut du monde, que Manon Kaltenmark a jeté son dévolu, son premier "8 000" Le 10 septembre dernier, cette quinquagénaire villeurbannaise à la forme olympique sest lancée dans lexpédition, au départ de Katmandou. Six alpinistes amateurs, trois sherpas, une agence sur place pour la logistique, six semaines en tout, à partir de Katmandou, vingt jours dexpédition avec ascension jusquau camp 3, 6 900 mètres dans la neige, là où sest arrêtée laventure. « Je nai pas pu aller jusquau bout, même si je men sentais capable. Lun dentre nous ne se sentait pas bien et de toute façon, le vent était trop violent pour continuer ». Cette grande blonde souriante, raconte son périple avec simplicité, comme si franchir des échelles au-dessus de crevasses vertigineuses, respirer avec peine par manque doxygène ou subir des conditions climatiques extrêmes étaient à la portée de tous. « Très peu dalpinistes amateurs parviennent au sommet et encore moins de femmes, mais cétait mon objectif et je suis quand même un peu frustrée de ne pas être allée au bout. Jy retournerai, jétais en bonne condition et bien préparée » Côté préparation justement : beaucoup de vélo, le trajet quotidien Villeurbanne-Ecully où Manon est cadre infirmier dans une clinique ; une préparation mentale pour vaincre la peur et « gérer le stress » ; et des années de randonnée, notamment avec lAsvel montagne. « Cest mon mari qui ma fait découvrir la montagne, javais 22 ans. Depuis, la passion ne ma pas quittée. Jai enchaîné les courses dans les Alpes, en Bolivie, en Argentine, quatre fois au Népal mais plus de 8 000 mètres, cétait la première fois que je my attaquais » Le goût du défi guide ses pas mais pas seulement. « Partir de cette façon cest prendre le temps de vivre pleinement le moment présent, rompre avec le rythme de lannée, découvrir un monde tellement loin du nôtre Tant que ma condition physique me le permettra je continuerai. » En ligne de mire de ses rêves : lascension des "seven summits", les montagnes les plus élevées de chaque continent. « Je sais que certains sont à ma portée, comme le Kilimandjaro en Tanzanie ou lElbrouz dans le Caucase. » Question de forme, de temps et de finances aussi. Des projets onéreux que Manon, décidément autonome, finance de A à Z, matériel, voyage, organisation « Mais si quelquun veut me sponsoriser je suis preneuse ! »
> Bio express
- 1959 : naissance à Orsay
- 1984 : tour du Mont-Blanc, enceinte de quatre mois
- 1988 : installation à Villeurbanne
- 2010 : sommet de lAconcagua (6 952 mètres).



