RAFLE DU 1ER MARS 1943 - Libérés des camps il y a 70 ans

Le 04/03/15

Le 1er mars 1943, l’étau dressé par les Allemands entre le cours Émile-Zola et l’actuelle place Grandclément (1) se resserre sur trois cents hommes âgés de 16 à 60 ans. Dès 6 heures, le quartier est bouclé par la Gestapo, appuyée par la Feldgendarmerie et la SS.

Rafle du 1er mars 1943 (place Grandclement)
> L'actuelle place Grandclément, avec le café Jacob à gauche de l'immeuble

Les hommes sont arrêtés brutalement dans la rue ou arrachés à leur domicile, au saut du lit ou déjà en route pour le travail.

Emmenés dans un premier temps au café Jacob pour un contrôle d’identité, un peu plus du tiers est relâché. Les autres sont rassemblés dans la cour de l’école de l’Immaculée conception. Certains parviennent à s’enfuir, quelques-uns sont libérés. Vers 17 heures, entre 130 et 150 hommes âgés de 17 à 50 ans environ, sont conduits à la gare où les attend un train qui les mènera au camp de Compiègne dans des wagons à bestiaux. Ils resteront dans le camp de transit un mois et demi avant d’être dirigés, pour certains, vers le camp de concentration de Buchenwald et, pour la grande majorité, vers celui de Mauthausen. Accueillis à coups de matraques et de crosses de fusils, ils comprennent que leur vie a définitivement basculé. Qu’ils n’avaient pas été enrôlés de force pour le STO (Service du travail obligatoire) mais qu’ils étaient arrivés en enfer.

Entre soixante et soixante-dix victimes de la rafle survivront aux terribles conditions de détention. Soixante-dix ans après la libération des camps, ils ne sont plus qu’une poignée de survivants aujourd’hui. Louis Croppi, qui a témoigné inlassablement dans l’espoir que l’histoire ne se répète plus jamais, est décédé en novembre dernier. Roger Capezzone et Esteban Vargas prennent le relais dans ces pages pour raconter ces vies confisquées, cette journée ordinaire à partir de laquelle plus rien n’a jamais été comme avant. Parce que lorsque l’on a connu l’horreur des camps, l’infinie cruauté humaine, les corps et les esprits restent marqués à jamais, comme ces matricules gravés sur leurs bras et qui signent l’infamie.

 

(1) Les Allemands avaient bouclé tout le périmètre compris entre le cours Emile-Zola, le boulevard Eugène-Réguillon, l’actuelle rue Léon-Blum, l’actuelle place Grandclément, la rue Antonin-Perrin et l’avenue Auguste-Blanqui.

 

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