Interview de Muriel Merolle, directrice de l'Asul tennis

Le 31/01/19

La Ville mène une campagne pour promouvoir l’égalité femmes-hommes dans le sport. Qu’en est-il à l’Asul tennis ? Sa directrice, Muriel Merolle, donne son point de vue.

Muriel Merolle, directrice de l'Asul tennis

Quelle est la représentation féminine à l’Asul ?
Muriel Merolle : Elle est en baisse puisque 24,2 % de nos licenciés sont des femmes (189 sur 592), contre 25,5 % la saison dernière. Le constat est identique au niveau national.

Comment l’expliquez-vous ?
Le tennis est un sport contraignant, difficilement compatible avec une vie professionnelle et familiale dont l’organisation revient toujours en grande partie aux femmes. Chez les plus jeunes, il y a beaucoup de sports concurrents traditionnellement considérés comme "féminins", par exemple l’équitation ou la danse. Le football, qui est de plus en plus médiatisé, attire également beaucoup de licenciées. À l’inverse, on ne voit pas beaucoup de tournois de tennis féminin relayés sur les chaînes publiques. Ça peut aussi expliquer la désaffection des femmes pour cette discipline.

Quelles actions ont été mises en place à l’Asul pour promouvoir le tennis féminin ?
Nous organisons différentes compétitions à l’intention des femmes comme le tournoi multichances ou les raquettes FFT. Nous proposons également une journée de parrainage durant laquelle une licenciée peut inviter une non-licenciée afin de lui faire découvrir le tennis et le club.

Chez les plus jeunes, comment se passe la cohabitation entre filles et garçons ?
On favorise au maximum la mixité des groupes et on fait en sorte de ne pas isoler une fille car c’est rare qu’elle se sente à l’aise au milieu d’un groupe de garçons. On entend parfois des réflexions désobligeantes si la fille a un niveau inférieur. L’éducateur doit alors être vigilant pour ne rien laisser passer, sinon ça peut empêcher une petite de jouer correctement et l’inciter à ne plus revenir.

Quel est votre regard sur la place des femmes dans le tennis professionnel ?
On peut se féliciter qu’il y ait une parité des gains dans les gros tournois. Mais évitons de comparer le tennis féminin et masculin. C’est le même sport pratiqué par des personnes de sexes différents. Point barre. Comme dans tous les sports, il y a des préjugés dans le tennis, même si cela tend un peu à s’estomper.

 

Des stéréotypes encore bien ancrés
Du 21 février au 5 mars, la ville de Villeurbanne lance une nouvelle campagne d’affichage pour promouvoir l’égalité femmes-hommes :
« Le sport n’a pas de sexe ! Il n’y a pas de sports de fille, il n’y a pas de sports de garçon, il n’y a que des préjugés ! ».Un rappel nécessaire comme le démontre une étude publiée l’an dernier par l’Insee, qui relevait qu’en 2014, près d’une personne sur deux adhérait à l’idée selon laquelle « certains sports conviennent mieux aux filles qu’aux garçons. »

Et il suffit d’écouter les enfants pour constater que ceux-ci intériorisent très tôt les stéréotypes liés au sport. « La lutte, c’est pas pour les filles, elles sont moins fortes ; les filles sont nulles au ballon ; un garçon qui fait de la danse, c’est bizarre quand même », peut-on ainsi entendre. Comme si la pratique de la danse ou de la gymnastique devait être l’apanage des femmes, et le football ou le rugby celui des hommes.
Le rôle des parents est par conséquent fondamental pour lutter contre ces stéréotypes, car ce sont souvent eux qui exercent une influence déterminante sur les choix sportifs de leurs enfants. À eux donc de présenter sur un pied d’égalité le judo et la danse à leur garçon, ou le football et la gymnastique à leur fille.

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