Du bureau d’hygiène à l’Espace santé-environnement
À Villeurbanne, la santé publique fait partie des préoccupations politiques depuis bien longtemps. Un domaine qui évolue avec son temps mais dans lequel l’esprit des débuts demeure. La santé à Villeurbanne, c’est une longue histoire, commencée en… 1913.

Le maire de l’époque, Jules Grand- clément, décide de la création d’un bureau municipal d’hygiène dont les missions vont de la surveillance des eaux des puits à l’inspection des abattoirs. Et, déjà, l’ouverture d’un service de vaccinations. En 1932, nouveau pas en avant avec la création du dispensaire d’hygiène sociale, premier élément du Palais du travail. Service de radiologie, cabinet médical, consultations prénatales, traitement de la tuberculose, campagnes de vaccination, lutte contre les épidémies… Une véritable politique de santé publique est née, qui ne fera que se renforcer au fil des ans et des mandats. L’exemple de la santé scolaire illustre bien cette volonté de protéger la population, en particulier les enfants. Dès 1925, les premières "infirmières-visiteuses" surveillent la santé des enfants « et leur propreté corporelle ».
En France, la santé scolaire ne deviendra obligatoire qu’en 1945. Aujourd’hui, Villeurbanne demeure fidèle à cet engagement initial et a choisi, à l’instar d’une dizaine de villes françaises seulement, de conserver un service de santé scolaire municipal, constitué de trois médecins et d’une équipe d’infirmières. Outre les missions traditionnelles – dépistages et bilans – ces professionnels accomplissent un important travail de prévention et de promotion de la santé, en partenariat avec les familles et les enseignants. Parmi les étapes qui ont marqué l’évolution du service, signalons celle de 1991 où Villeurbanne adhère au réseau des Villes santé, labellisé par l’OMS – Organisation mondiale de la santé. Dans cette perspective, elle se dote d’un outil de promotion de la santé au sens large : en 1994, l’Espace santé-environnement ouvre ses portes, lieu ressources d’information et d’orientation, destiné à tous (particulièrement bien identifié par les Villeurbannais pour les séances de vaccination). Chacun peut trouver des réponses à ses questions et un public est prioritairement concerné, celui des jeunes. Pour eux, sera créé le Point écoute, lieu d’accueil, de soutien et d’accompagnement psychologique, anonyme et gratuit…
À côté de ce type de services, en lien direct avec la population, la Direction de la santé publique travaille dans l’ombre. Ses missions sont variées et peuvent apparaître très différentes les unes des autres. De la surveillance des eaux de baignade à la sécurité alimentaire, de la lutte contre le bruit à celle contre les nuisances animales, la palette des interventions techniques est large. « Loin d’être des juxtapositions, ces actions ont toutes un sens commun : celui de la santé publique, encore et toujours au cœur du projet », résume Claire Le Franc, adjointe chargée de la Santé.
Espace santé-environnement
52 rue Racine à Villeurbanne
Tél. : 04 78 03 67 73.
INTERVIEW
Sophie Pamiès, médecin et responsable de la direction de la Santé publique
Il y a 20 ans, Villeurbanne adhérait au réseau français des villes-santé, labellisé par l’OMS (Organisation mondiale de la santé), cela a-t-il toujours un sens ?
Sophie Pamiès : Oui, ce choix, pris en 1991, de rejoindre ce réseau, qui compte aujourd’hui quatre-vingts villes adhérentes, garde tout son sens. Le texte fondateur des réseaux villes santé est la charte d’Ottawa qui définit la santé. Elle ne se limite pas à l’absence de maladie, ne dépend donc pas seulement de l’offre de soins et repose sur un ensemble de facteurs qui permettent de se sentir bien.
Et de ce point de vue quel rôle peut jouer une ville ?
S.P. : Un ville-santé, c’est une ville qui crée des politiques favorables à la santé de ses habitants. Cela va des conditions de vie, comme le logement ou les modes de déplacement, à la qualité de l’environnement. Le projet sportif local, par exemple, qui promeut le sport pour tous, contribue à favoriser l’accès au plus grand nombre à une activité physique régulière. Quand une ville recueille l’opinion de ses habitants sur un sujet aussi important que la santé environnementale, c’est dans l’objectif d’agir au niveau local sur des facteurs qui ont des effets sur la santé et le sentiment de bien-être.
> Voir les résultats de l'enquête santé menée à Villeurbanne
en juin 2011 (25/10/2011)
