DOSSIER DU MOIS
> Chorales et opérettes : Villeurbanne à chœur joie
On dit que la musique adoucit les mœurs : il semble en tous cas qu’elle réjouisse les chœurs ! Le chant choral rencontre ces dernières années un véritable engouement. Au diapason de la tendance, Villeurbanne abrite une belle diversité d’ensembles vocaux. Au programme, opérette, chant sacré, gospel et variétés.
Fredonner Abba à tue-tête, transmettre l’émotion du Requiem de Mozart, entonner un air de jazz… Chaque semaine, ils sont des centaines à chanter en chœur, à se consacrer pendant quelques heures au travail des voix et des harmonies. « La chorale nous réunit autour d’une passion commune, explique Michèle Vidale, secrétaire du chœur Gospel Joy. Les répétitions sont toujours un moment de convivialité, de joie partagée et d’énergie ! » « Chanter avec d’autres choristes me détend, me libère l’esprit. Pendant les répétitions, j’arrive à faire le vide », souligne de son côté Anne Giroir-Fendler, présidente de l’Ensemble Vocal du CNRS. Celui-ci aborde les grandes œuvres du répertoire classique avec une quarantaine de choristes expérimentés.
Trouver le bon tempo
A Villeurbanne, il y en a pour tous les goûts : chœurs d’adultes, chorales de retraités, ensembles vocaux d’étudiants ou de collégiens… Quant aux répertoires, ils sont multiples : gospel, chants de la Renaissance, variété, musique baroque ou classique. Si certaines chorales, comme celle du CNRS, recrutent des choristes ayant déjà une base solide, le maître mot reste l’ouverture. « Sing song énergie a été créée en 1999 dans le cadre du comité d’entreprise d’EDF, explique Jean-Louis Jacson, son président. Mais la chorale est ouverte à tous les amateurs qui le souhaitent. Notre projet consiste essentiellement à progresser ensemble dans la simplicité et la bonne humeur. » Le message passe : ils sont cette année une centaine d’amateurs réunis autour de Jean-Pierre Prajoux, le chef de chœur. La chorale A voix et à vapeur (AVAV), nouvelle venue à Villeurbanne, accueille aussi les débutants parmi ses 80 choristes. Pour cet ensemble vocal "gay friendly", créé en 2002 par Philippe Bergère, « la convivialité, la tolérance et le plaisir de chanter sont au cœur de notre association ».
Vecteur d’ouverture
Lieu de rencontre et d’échanges, la chorale est aussi un espace d’apprentissage. « On y améliore sa tessiture, la justesse, on travaille à poser sa voix mais aussi à donner le meilleur de soi-même au profit du groupe », souligne Florence Yslan, chef de chœur de la chorale De Bouches à oreilles. « Les élèves apprennent à chanter et à travailler ensemble. En deux mots, à s’écouter et à cohabiter », poursuit Ludwig Laisné, chef de chœur de la chorale du collège Lamartine. Bref, une école du vivre ensemble et du respect.
Beaucoup de chœurs villeurbannais travaillent avec d’autres associations. Les chorales de retraités de Croix-Luizet et du centre social Charpennes-Tonkin partagent par exemple le même chef de chœur. « Cela nous permet de préparer, avec d’autres chorales de retraités de l'Est lyonnais, une biennale inter-chorales réunissant 120 choristes pour un concert », explique Line Cohen, du chœur de Croix-Luizet. De son côté, l’Ensemble vocal de l’Insa prépare un échange avec une chorale barcelonaise, AVAV envisage un concert à Montréal et Sing song énergie se produira le 18 décembre prochain au CCVA avec l’orchestre et l’harmonie de Brignais. Des temps forts de partage avec le public que tous les choristes attendent. « Le concert est un aboutissement collectif, un peu comme un puzzle construit tout au long de l’année que l’on terminerait en public. Ce moment constitue une grande fierté », explique Jean-Luc Lehoux, président d’AVAV.
Chanson solidaire
Ces spectacles permettent aussi d’entretenir le lien social. De nombreux chœurs chantent dans les maisons de retraite pour animer le quotidien des plus âgés. Et en ce mois de décembre, la solidarité sera centrale pour les choristes qui se produiront du 2 au 5 au profit du Téléthon dans les salles, églises et rues villeurbannaises. S’y retrouvent traditionnellement la chorale de l’école Lazare-Goujon : Les Inchoeurigibles, la chorale de retraités Cyprian-Les Brosses, Sing song énergie ou encore le chœur du collège Lamartine… De son côté, De Bouches à oreilles chantera le 8 décembre place Grandclément pour la Fête des Lumières.
L’Ecole nationale de musique de Villeurbanne n’est pas en reste. Elle a longtemps abrité Les Chœurs de Villeurbanne, trois chœurs mixtes et un chœur de femmes. Et, depuis 2009, une nouvelle impulsion a été donnée. « Le but de l’ENM est d’abord et avant tout la formation. Le chœur mixte de l’association prépare en quatre ans des choristes qui pourront grossir les rangs des chorales associatives locales, explique Leslie Peeters, chef de chœur de l’ENM. Et l’école s’est enrichie de deux chœurs d’enfants, d’un chœur d’adolescents et d’un chœur d’étudiants intégrés au département “voix”. » Objectif : amener les jeunes vers le chant choral. « Si la discipline a du succès depuis longtemps, elle faisait peu d’émules auprès des enfants. Mais avec l’essor de chorales dans les écoles, les jeunes découvrent le plaisir de chanter. Parallèlement, de plus en plus de chorales amateurs sont dirigées par des chefs de chœurs professionnels, ce qui permet d’enrichir leur pratique vocale.
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