L’indécence ordinaire

 

Notre société perd ses repères et les élus de la République ne représentent plus le peuple. La dernière cantonale partielle qui vient de se dérouler dans le canton centre  a vu la « victoire » du candidat socialiste avec 6,1% des électeurs inscrits. Son élection est légitime mais n’a plus de signification quant à sa représentativité. Quand dans une démocratie représentative comme la notre, les citoyens ne se reconnaissent plus dans leurs élus, l’échelle décisionnaire future sera dictée par la rue. Ne plus aller voter aujourd’hui c’est délibérément s’exposer demain à de violentes secousses sociales.
Mais comment inciter aujourd’hui les citoyens à choisir leurs élus quand l’exemplarité n’est plus au rendez-vous ? Comment demander des efforts aux Français quand ces efforts ne sont pas appliqués par ceux qui devraient être les premiers à montrer l’exemple ? indemnités de fonctions, indemnités de missions, cumul indemnités retraites, fiscalité à la source très avantageuse, écrêtement des revenus d’élus laissant la possibilité pour les élus concernés de redistribuer de l’argent à d’autres élus amis, créant ainsi, non des réseaux de compétences, mais des réseaux construits sur la reconnaissance du ventre. C’est la classe politique toute entière, de droite à gauche, qui baigne dans ces avantages inacceptables quand 7 millions de Français vivent en dessous du seuil de pauvreté, quand vivre avec un smic rend quasiment impossible d’assurer le fonctionnement d’une famille. Mais au-delà de la classe politique qui s’accommode bien de cela comment accepter que l’échelle des salaires soit de 1 à 200, que les cadres dirigeants bénéficient de retraites somptuaires, raflant au passage des stock-options quelque soit la santé de l’Entreprise.
Dans la tourmente de la crise mondialisée, l’Entreprise ne joue plus son rôle sociétal. Nous sommes passés des « 30 glorieuses » et des grands patrons paternalistes à une dérégulation recherchant le profit à très court terme. La  finalité de l’Entreprise n’est plus que l’argent et la rentabilité la plus rapide possible. Le salarié n’est plus une « ressource humaine » mais un objet déshumanisé facteur de bons indices boursiers : il suffit de délocaliser et d’instaurer un plan « social » de licenciement pour voir la bourse faire des bonds de joie à l’avantage des actionnaires.
Il est de la responsabilité des élus de retrouver le chemin de l’utilité publique et de quitter celui des avantages personnels. Il est de la responsabilité des élus, du Medef, des syndicats, de revoir les règles démocratiques de fonctionnement de l’Entreprise sans autre objectif que l’intérêt général. L’injustice sociale, l’injustice fiscale, les inégalités salariales conduise à l’indécence ordinaire. A la rancœur ordinaire…et aux excès légitimes. Les femmes ont enclenché la révolution Française en allant réclamer du pain à Marie Antoinette, seulement du pain..

 

Richard Morales

Groupe des élus Centristes et démocrates