remy blanchin,Des plumeuses… aux Poulettes !

Rémy Blanchin, 83 ans, a attendu, attendu… Puis il est venu à la mairie dire sans nostalgie mais en se souvenant que "le quartier des Poulettes lui parlait sans cesse de sa famille villeurbannaise depuis plusieurs générations"…

Rémy Blanchin. Des plumeuses...aux poulettes

"Mon grand-père Marius Blanchin et son frère étaient propriétaires d'un gros abattoir de poulets situé à l'angle de la rue Perroncel et de la rue Vaillant. Ils employaient 18 femmes et l'activité ne manquait pas. Les employées étaient chargées de plumer les poulets. On les appelait donc…les plumeuses !". Il n'en faut pas plus à Rémy Blanchin pour ajouter une histoire à celles, déjà existantes sur les origines du quartier des Poulettes, souvent bien connues des habitants de Buers-Croix-Luizet. "Cette entreprise était assez importante puisque mon grand-père vendait des poulets et des œufs sur le marché Saint-Antoine de Lyon. Avec son frère, il allait chercher les poulets à Châtillon-sur-Chalaronne (en Dombes) comme on peut le voir sur cette carte postale ancienne. Mon grand-père étant l'homme au chapeau !

En ce début de vingtième siècle, dans le quartier, l'abattoir était bien sûr connu et les plumeuses étaient souvent appelées les Poulettes. Un nom qui a fini par rester dans la mémoire villeurbannaise car beaucoup parlent encore du quartier des Poulettes. Hélas, un coup de frein a mis fin à cette entreprise fleurissante puisque mon grand-père est décédé, avant ses cinquante ans, en 1918, de la grippe espagnole. Et dans ce contexte difficile, mon père Jean-François-Michel Blanchin n'a pas pu reprendre l'activité : mobilisation empêchant tout projet personnel… Il avait 26 ans. Bien plus tard, je suis devenu apprenti boucher. J'ai fait mon Tour de France pour apprendre le métier dans les meilleures conditions et je me suis installé comme charcutier-traiteur à Villeurbanne, en 1956, à l'angle du cours Emile-Zola et du cours de la République !".

Le récit familial de Rémy Blanchin pourrait s'arrêter là, mais fibre du commerce oblige, il explique s'être envolé vers une autre carrière en reprenant ses études en 1970. "J'ai rejoint une société d'import-export dans le domaine alimentaire qui marchait très bien. Et désormais, à plus de 80 ans, j'habite encore  à Villeurbanne !", confie cet habitant plein de souvenirs chaleureux pour une ville qu'il ne quitte que pour aller à la campagne.

 

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