Quand le full facilite les contacts
Le full-contact a su séduire un large public, notamment les jeunes, désireux de se défouler avec chaussons et gants. À la différence des autres disciplines pieds-poings, notamment le kick-boxing, il n'autorise pas les coups en dessous de la ceinture.

“Le plus fort n'est pas celui qui ne tombe jamais, mais celui qui se relève toujours.” Maxime reprise par la plupart des entraîneurs de sports de combat.
Pour synthétiser et éviter de se perdre dans le dédale des disciplines créées autour des rings, on dira que la boxe pieds-poings regroupe la savate, le kick-boxing, la boxe thaïe et le full-contact, quatre disciplines qui ont en commun d'associer des techniques de pieds aux techniques de poings et de s’appuyer sur les règles de compétition de la boxe anglaise.
“Comme la plupart des parents, j’ai toujours pensé que le full-contact était un sport dangereux, reconnaît Jean-Louis, père de famille sportif, qui a déjà fait découvrir à son fils judo et savate. C’est un ado de 14 ans plutôt actif, un peu casse-cou et touche-à-tout. Je l’ai emmené, en avril dernier, assister à la soirée des Fightzone à Villeurbanne. Je me suis renseigné sur ces sports de boxe basés sur les pieds et les poings, et on m’a dit que le full-contact était pratiqué au Tonkin (Samouraï) ou vers les Gratte-ciel (Kyokaï). À la rentrée, le fiston ira faire un test.”
Interrogé sur le sujet, Mike Julie, enseignant au Kyokaï avec Jean-Marc et Claire, est formel. “Le full-contact, qui reste une discipline de contact, démarre par le “light-contact” (“on touche sans appuyer”). Plus tard, on passe au “semi-contact”, les coups sont plus appuyés, mais les combattants ont des protections et l’arbitre intervient après chaque coup donné. On évite ainsi d’aboutir à des rencontres trop acharnées, style combat de rue. Le but est d’apprendre à se contrôler. Tous les enseignants de sports de contacts procèdent de cette façon. On apprend à chaque débutant à se contrôler, à acquérir cette indispensable maîtrise de soi. Il est vrai que les bienfaits du full-contact et même du karaté que nous enseignons ici sont multiples. Un enfant timide trouvera ce moyen d’expression pour mieux s’extérioriser. Au contraire, un adolescent hyperactif pourra canaliser ce trop-plein d’énergie.”
Et pour conclure, Mike rappellera que cette année, à part un doigt retourné et quelques foulures, la saison s’est déroulée dans de bonnes conditions. Et que des filles n’hésitent pas à venir s’inscrire pour se défouler et avoir leur dose d’adrénaline. Dernier clin d’œil en direction des parents : “Les instances fédérales ont mis en place un stratagème pour le moins efficace : les enfants ont toujours des gants plus grands que prévu, une manière subtile d’amortir les coups.”
Histoire
De nombreux karatékas ont voulu en faire plus, trouver un sport de contact dans lequel on puisse porter les coups. Ainsi est née aux États-Unis dans les années 1974, la boxe américaine ou le karaté full-contact. C'est un champion de karaté français, Dominique Valéra, qui l'a introduit en France. À la différence des autres disciplines pieds-poings, le “full” n'autorise pas les coups en dessous de la ceinture.
En pratique
>Tarif des cotisations
Une moyenne de 180 euros pour les enfants (licence sportive et cotisation club), de 200 euros pour les étudiants et enfin de 240 euros pour les adultes.
> Coût des protections
Gants, chaussons, protège-tibias, protège-dents et coquilles : le kit – c’est-à-dire l‘ensemble – coûte une cinquantaine d’euros
> Les clubs
Kyokaï
Locaux VAP au 06 15 34 66 57
Le Samouraï, 5 rue Melzet au 04 78 89 72 55



